Sakura Suki » Blog Archive » [Live Report] Joe Hisaishi au Zénith de Paris – 23/06/2011

Musique

18 juillet 2011MusiqueYodan 0 Commentaires

Il y a de ces artistes dont on se dit que l’unique moyen de pouvoir les apprécier en live est de parcourir plusieurs milliers de kilomètres, car espérer un passage en France relève du rêve lointain. C’était, par exemple, le cas de Zhang Xuan jusqu’à peu. Le grand Joe Hisaishi peut maintenant rejoindre cette liste. Annoncé mi-mai suite à la terrible catastrophe ayant le touché le Japon en avril, le premier concert du compositeur japonais en France, à but caritatif comme il l’a rappelé avant sa prestation, à rapidement fait le plein, avant que Toperdo Production ne lâche dans la nature de nouveaux sésames. Coup de bluff ou ajout de places supplémentaires, il n’en reste que le Zénith était plein (4 000 spectateurs) pour accueillir le Maitre.

Malgré un couac concernant le placement des gens qui a privé une partie du public du début du concert tout en dérangeant quelque peu l’autre, la première de Joe Hisaishi en France fut une véritable réussite. Pour cette soirée, le compositeur japonais était accompagné du Star Pop Orchestra, de la soliste soprano Hélène Bernardy, ainsi que d’un cœur (composé d’adultes et d’enfants membres du COGE, TF Gospel et CHAM de Saint-Maur).

Acclamé comme il se doit à son entrée, Joe Hisaishi débuta son récital par un combo imparable, avec un medley de morceaux tiré de Nausicaä avant d’enchainer sur Princesse Mononoké, pour le plus grand bonheur d’un Zénith aux anges. Ce fut à cette occasion qu’Hélène Bernardy fit sa première apparition sur scène pour prendre part au theme song de Princesse Mononoké. Un regret, ce fut en langue anglaise et non japonaise qu’il fut interprété. Après cette entrée en matière dantesque, le Zénith fut plongé en pleine guerre de Sécession avec l’interprétation de la bande orignal des films 1 et 5 du Mécano de la « General » de Buster Keaton, pour lequel Joe Hisaishi a créé une BO inédite lors de sa restauration en 2004. Le public s’est parfaitement prêté au jeu grâce à la diffusion des images du film sur l’écran géant en riant volontiers pendant les passages comiques. Le concert a ensuite fait escale du côté de Takeshi Kitano. Nous avons ainsi eu la chance de nous délecter de Raging Men (Aniki, mon Frère), avant que Hana-Bi et Kids Return soient à l’honneur. Ce fut ensuite au tour du multi-casquettes Jiang Wen d’être mise en avant, à travers les deux long-métrages auquels Joe Hisaishi a pris part, Let The Bullets Fly et The Sun Also Rises.

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Après un entracte de 20 minutes, c’est le Château Ambulant qui lança la seconde partie du concert avant d’être suivi par des extraits de la BO du film Departures. Ce passage m’a d’ailleurs convaincu qu’il était plus que grand temps que je me regarde l’oeuvre de Yōjirō Takita. Ce fut ensuite un nouveau retour dans l’univers de Miyazaki avec l’excellent One Summer Day’s tiré du Voyage de Chihiro. Le morceau étant principalement interprété au piano, nous avons eu ainsi le plaisir de voir le Maître à l’oeuvre de façon plus prolongée. Ensuite, nouvelle alternance, avec l’excellent Summer du sublime Été de Kikujiro, se terminant sous une standing ovation, puis avec des extraits de Villain (Akunin), sortie en septembre dernier. Ce fut ensuite au tour de Ponyo sur la falaise d’être mis à l’honneur, avec l’aide bienvenue des choristes, malheureusement trop peu présents durant la soirée. Petit bémol aussi, là encore point de japonais mais de l’anglais (plus facile à apprendre pour les choristes, dont certains ont d’ailleurs été recrutés peu de temps avant le concert). Cette seconde partie fut aussi l’occasion de se souvenir du drame ayant touché le Japon, avec l’interprétation du morceau Your Story par Hélène Bernardy, avec la diffusion en fond sur l’écran géant d’un mini-film revenant sur la catastrophe.

Le Zénith ne voulant bien sur pas laissé partir Joe Hisaishi comme ça, le compositeur a offert deux rappels, avec de nouveau Princesse Mononoke à travers le morceau Ashitaka and San puis avec le très attendu theme song de Totoro, clôturant ainsi de la plus belle des manière cette soirée fantastique, devant une salle en fusion.

L’une des choses qui m’a le plus marqué lors de ce concert est la joie et le dynamisme de Joe Hisaishi. C’est simple, on croirait un vrai gamin s’amusant comme un petit fou. A noter aussi la grande sympathie dont il a fait preuve envers son orchestre et ses choristes, n’hésitant pas à les remercier et les mettre en avant tout du long du concert. Je voudrais aussi souligner l’excellente prestation du Star Pop Orchestra, sur lequel j’avais quelques doutes. Bref, vous l’aurez compris, la première de Joe Hisaishi fut un un plaisir musicale inoubliable et sans contexte un évènement qu’il ne fallait louper sous aucun prétexte. Joe, reviens quand tu veux.

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