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Sakura Suki
7fév/100

[J-Drama] My Boss My Hero

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Il était temps. Oui, grand temps que j'écrive quelque chose sur l'excellent drama nippon My Boss My Hero, qui fut, avec Nobuta Wo Produce et Hana Yori Dango , l'un des premiers dramas qu'il m'ait été donnée de voir. Diffusé en 2006 sur NTV, My Boss My Hero est l'adaptation télé japonaise du film coréen Doosaboo ilchae (My Boss My Hero étant le titre international) réalisé par Yun Je-gyun en 2001. La version drama reprend le pitch d'origine du métrage coréen en transposant l'action dans un lycée japonais et du milieu des gangs du pays du matin calme à celui du monde des Yakuzas. Sakaki Makio, fils aîné d'un chef de gang de yakusas, les "Kantô Sharp Fang". Surnommé "Tornado Makio" pour ses prouesses lors des combats,  Sakaki ne vit que pour une seule chose : succéder à son père et devenir le prochain boss du clan. Mais malheureusement, ayant quitté très tôt le milieu scolaire, il a accumulé énormément de lacunes. A la suite d'une nouvelle transaction ratée de 27 millions de dollars suite à un simple problème de maths, et exaspéré par la stupidité de son fils et son entêtement à être à la tête du clan, son père décide de passer un accord avec lui. Il doit retourner sur les bancs du  lycée et en ressortir diplômé afin de pouvoir prendre sa suite, ou c'est à son jeune frère parti faire ses études aux Etats-Unis que les reines du clan reviendront. C'est ainsi que Makio, 27 ans, qui ne connait que les gangs , les bagarres , l'alcool et les femmes va se retrouver sur les bancs de l'école cachant sa véritable identité et dissimulant son age afin de s'intégrer à la vie lycéenne et obtenir son diplôme. Outre ce pitch foutrement improbable mais extrêmement attrayant, c'est aussi du côté du casting que My Boss My Hero est alléchant. Autour de Nagase Tomoya (Ikebukuro West Gate Park), on retrouve aussi la douce Aragaki Yui, Kikawada Masaya, ou encore Kashii Yu (Kei de Linda Linda Linda). Il en va s'en dire qu'avec un pitch promettant de nombreuses séquences de nimportanawak et un tel casting, My Boss My Hero était déjà lancé sur de bons rails avant même de débuter. Et ce sentiment s'en trouve plus que confirmé une fois les dix épisodes que compte la série visionnés.

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Je ne vais pas y aller par quatre chemins, My Boss My Hero est une réussite (et ce n'est pas (quoique ça y contribue) du fait de la présences de Yui Aragaki). Comique, la série  l'est de bout en bout, envoyant Makio dans une multitude des situations plus invraisemblables les unes que les autres, au déroulement, comme on peut s'y attendre, surréalistes.  On pourra citer parmi les plus marquantes la course au pudding que se livre l'école chaque midi, la scène où Makio, le jour de son arrivé en cours pense avoir été retrouvé par des rivaux, le passage de Sasaki en mode sentaï venant à la rescousse de sa classe ou la gymnastique matinale du lycée St Agnes sur la Marche de Radetzky de Johann Strauss Sr à laquelle les élèves retardataires doivent se soumettre. Vivant ses deux vies en parallèles, yakuza et lycéen, nous avons bien sur le droit à des croisements entre les deux lorsqu'il rencontre, entouré de ses hommes de main, des professeurs ou camarades à lui, ou lorsque ses mimiques de yakuza reprennent le dessus lorsqu'il est à l'école. C'est téléphoné, mais ça reste sympathique. Même si le côté comédie est très présent, il ne faut pas oublier que nous sommes dans un school drama. Et qui dit school drama signifie que l'on ne peut échapper aux éléments typiques du genre que sont l'amitié,  la persévérance, le dépassement de soi ou encore bien sur une dose de romance (mais heureusement pour nous, loin des sempiternels triangle amoureux et autres joyeusetés bien lourdes s'étalant sur une dizaine d'épisodes). De même l'école permet également à Sasaki de murir (de façon un peu tardive) en venant même à influer sur ses décisions en tant que yakuza. On pourra aussi voir si l'on veut pousser un peu plus (mais dans ce cas beaucoup plus) un représentation des problèmes de relations père-fils imagé ici par Sakaki et son père.

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Du côté des acteurs, il faut noter l'énorme performance de Nagase Tomoya. Surjouant remarquablement et nous offrant une palette de mimiques caricaturales comiques à souhaits, le leader du groupe TOKIO confirme tout le bien que je pensais de lui après sa performance dans Ikebukuro West Gate Park. Ses changements d'attitudes (école/yakuza) ou ses expressions faciales sont extrêmement réussites. C'est du tout bon. On ne s'attardera pas sur la prestation, toujours aussi parfaite, de Yui Aragaki (Umemura Hikari), pour s'attarder un peu plus sur celles de Kashii Yu et Tanaka Koki. Tout d'abord Kashii Yu, qui endosse le rôle de Minami Yuriko, est absolument bluffante dans ce rôle de professeur strict et au "visage d'acier". Surtout lorsque l'on sait qu'elle n'était âgée que de 19 ans lors du tournage. Tanaka Koki a de son côté reçu le prix du "Best Supporting Actor" lors du 50ème Television Drama Academy Awards pour sa prestation complètement décalé d'homme de main de Sakaki. Il ne faut pas en oublier non plus le reste du casting, qui entre hommes de mains ou camarades de classe, nous offre une prestation tout aussi convaincante. Au rayon musical nous avons bien sur le droit à un theme song interprété par le groupe TOKIO (Nagase Tomoya oblige), avec le morceau Sorafune, qui sans être exceptionnel, se laisse écouter sans déplaisir. Bref vous l'aurez donc compris My Boss My Hero est donc une véritable réussite, autant vivifiante et qu'attachante. Les épisodes, emplis de moments loufoques et portés par un casting au poil,  se succèdent sans aucun ennui, et font du visionnement de ce drama une action hautement recommandable.

Première Publication : 2007

16jan/100

[J-Drama] Lexique des termes

Les termes entourant les dramas japonais sont nombreux et souvent obscures pour les néophytes et non-japanophiles. Voici donc les principaux termes à connaitre et leurs explications. Ce petit lexique s'étoffera au fur et à mesure.

G

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Getsuku (月9)
Le terme Getsuku (月9, getsuku?), abréviation japonaise de Getsuyou kuji (月曜9時, getsuyou kuji?), signifie le lundi à 9PM (21h). C'est traditionnellement l'heure à laquelle les dramas les plus populaires sont diffusés à la télé nippone. C'est la toute puissante Fuji TV qui en est à son origine, en lançant le modèle de diffusion des dramas le lundi soir, prédisant que cette case serait la plus populaire. Ce choix vient du fait que le lundi soir est le seul soir de la semaine où aucun match de base-ball n'est diffusé, signifiant que tout au long de l'année, il n'y aurait pas de retard au niveau de la diffusion. Car il faut savoir qu'au Japon, en raison de la très grande popularité du base-ball, les émissions étant consacrées à ce sport ont la priorité sur tous les autres programmes. Il est ainsi courant de voir des émissions repoussées en raison de matchs en retard. Bien que les chaines diffusaient souvent leurs dramas le lundi soir, la case horaire du lundi soir à 21h a été popularisée par les deux séries que sont "Tokyo Love Story" et "The 101th Proposal". La Fuji TV a alors commencé la promotion de sa plage horaire du lundi 9PM comme "Getsuku", et mis en place des interviews des acteurs et actrices lors de leur première "getsuku". Peu de temps après, les autres chaînes ont emboité le pas de la Fuji TV et programmées leurs dramas les plus populaires le lundi soir.

J

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Jidaigeki (時代劇)
Les jidaigeki sont des dramas historiques se déroulant avant 1900. En général les jidaigeki se concentrent sur la période d'Edo ou des Tokugawa (1600 à 1867).

R

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Renai (恋愛 / れんあい)
Le mot renai signifie romance. Donc comme vous pouvez vous en douter ce terme s'applique aux dramas romantiques. Ainsi lors d'un renzoku romantique on parle de "renzoku renai" et de même logiquement de "tanpatsu renai" lorsqu'il s'agit de tanpatsu.

Renzoku (連続 / れんぞく)
Pour faire simple le terme renzoku est le format de la plus grande majoriété des dramas que nous connaissons. Ceux sont les séries qui s'étalent le plus souvent sur une dizaine d'épisodes durant entre 40 et 50 minutes en général, hormis le premier et dernier plus long. Diffusé le soir de façon hebdomadaire, le renzoku ne connait qu'une seule saison se suffisant à elle même (rares sont les renzoku à se voir prolonger dans une seconde saison). De plus contrairement à certaines séries télés occidentales un renzoku n'est quasiment jamais interrompu en cours de route et a souvent comme soutient financier de grosses compagnies (Coca-Cola, NTT DOCOMO,...)

S

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Shousetsu (小説 / しょうせつ)
Les shousetsu sont des dramas se basant sur des romans (Ikebukuro West Gate Park par exemple). C'est pourquoi lorsque l'on parle d'un Renzoku tiré d'un roman on le qualifie de "renzoku shousetsu".

T

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Tanpatsu (単発)
Le terme japonais tanpatsu (単発) désigne les dramas dont l'histoire n'est développé que sur un épisode. On trouve soit un one-shot indépendant d'une quelconque série (Kanojo to no Tadashii Asobikata SP) ou épisode spécial tiré d'un renzoku a succès, qui se retrouve alors affublé d'un special (Code Blue SP, Hanazakari no Kimitachi e SP,...) destiné à une diffusion télé. Il peut aussi arriver, bien que cela déforme un peu le terme, que les tanpatsu soient divisés en plusieurs parties (Nodame Cantabile Shinshun Europe Special par exemple) avec une diffusion étalée. De part leur durée, entre 1h30 et 2h, et leurs diffusions courantes, ils peuvent être rapprochés aux téléfilms que nous connaissons. Les SP des renzoku sont souvent diffusés entre les saisons. On peut aussi noter que le succès d'un Tanpatsu peut déboucher sur le développement d'un renzoku à partir de la trame de base (c'est le cas pour Tantei Gakuen Q).

12sept/092

[J-Drama] LIFE

Life

Les mangas sont décidément une ressource intarissable pour la télé japonaise. Cette fois-ci c’est le manga Life, originellement inspiré du one-shot Vitamine, tous deux du mangaka Suenobu Keiko (édités en France chez Panini Manga) qui se voit porté sur le petit écran. Bien qu'encore une nouvelle fois nous soyons plongés au cœur d’un lycée, on laisse ici de côté les triangles amoureux et autres combats de cœurs pour une plongé dans un phénomène qui frappe la société nippone depuis de très nombreuses années, et qui malheureusement est sous-estimé et surtout peu médiatisé, le phénomène Ijime (いじめ). Derrière ce terme se cache les brimades que subissent ceux qui sont exclus d’un groupe et pris pour cible car différents. Ce phénomène est non seulement très présent dans le milieu scolaire, mais également dans le milieu professionnel et la vie quotidienne. C’est le symptôme criant d’une société où l’individu ne peut exister qu’à travers l’appartenance à un groupe : famille, quartier, école, entreprise… D’où le besoin de gommer ses différences : on peut d’ailleurs résumer cette situation avec le proverbe japonais très célèbre: « le clou qui dépasse appelle le coup de marteau ». C’est une des causes du très important taux de suicide chez les jeunes et de la dérive hikikomori, du fait que les institutions scolaires ferment souvent les yeux, et les victimes ont souvent trop honte pour chercher de l’aide. Il n’y a d’ailleurs quasiment pas de structures en place pour traiter ce problème et aider les victimes, le recours aux travailleurs sociaux et psychologues étant très mal vu dans une culture où il est important de garder la face. Voilà donc un sujet qui nous plonge dans les cotés obscures d’un lycée nippon, et qui a déjà été abordé par le passé, mais de façon moins violente et surtout moins frontale, dans Nobuta Wo Produce. Dans LIFE la tyrannie, l’auto-mutilation, le suicide et le viol sont au cœur de l'intrigue.

L'histoire nous plonge dans le lycée Nishi, où Ayumu y fait son entrée et se rend compte bien vite que la vie de lycéenne n’est pas facile pour tout le monde. Prise pour cible par la leader de la classe, Manami, elle va se retrouver victime de persécutions : moqueries, attaques verbales et physiques…Mais Ayumu décide alors de ne pas se laisser faire…

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LIFE est un drama sombre, ou qui possède des zones d’ombres beaucoup plus prononcées que dans bon nombres d’autres productions du même genre, en abordant des thèmes assez peu évoqués à des heures de grandes écoutes sur la télé japonaise. Bien que le sujet ne soit pas des plus joyeux, LIFE se révèle être au finale une très bonne surprise. Laissons de côté les dix premières minutes gnangnan du premier épisode qui nous narrent la petite vie banale de deux lycéennes, mélangé entre amitié et relationnel tendu et qui déboulera sur le suicide de l'une d'elle. Evénement marquant un tournant dans l'histoire et pour Ayumu, puisque cette tragédie viendra la hanter par la suite. Cet évènement la transformera et fera d’elle, jadis souriante et pleine de vie, une adolescente méfiante et renfermée sur elle-même. C’est dans cette ambiance que s’ouvre LIFE, avec l’entrée d’Ayumu au lycée Nishi, établissement que rêvait d’intégrer sa meilleure amie. A partir de là Ayumu tente de relever la tête avant de tomber dans l’enfer de la persécution où elle se retrouvera exclue du reste de sa classe et se verra infliger des traitements montant crescendo dans la violence jusqu’à une tentative de viol par un amateur de bondage (qui possède entre autre un album souvenir de toutes celles passées entre ses mains). Le drama ne nous épargne rien et l’on suit une Ayumu désorientée et ayant perdu tout espoir dans sa lente descente aux enfers qui ne semble jamais prendre fin.

Totalement esseulée, elle ne peut ni se confier à sa mère face à laquelle elle ne veut pas perdre la face ni à une équipe enseignante qui refuse de voir la vérité en face et ne veut surtout pas croire que ce genre de choses puisse arriver dans leur lycée, préférant tout faire pour garder intacte l’image de marque de leur établissement plutôt que d'ouvrir les yeux sur les problèmes de leurs élèves. LIFE nous jette à la figure l’une des faces les moins reluisantes de l’archipel, et nous offre un aperçu d'une face sombre de la société japonaise qui préfère marginaliser ce genre de problèmes plutôt que d’y faire face. L’histoire joue aussi sur les personnages, qui comme dans la réalité ne sont ni tout blanc ni tout noir, mais possède comme tout le monde une part d’ombre, qui peut prendre racine dans certains évènements, comme pour Sako, battu par un père frustré, et qui se répercute sur lui de façon surdimensionnée. La réalisation, bien que très académique, possède un côté punch qui colle parfaitement à l’action. Bien sur nous soyons dans un drama plus sombre que d'habitude, on retrouve comme d'habitude les grands thèmes fédérateurs que sont le dépassement de soi et l’amitié, représenté par le trio Ayumu, Yuuki et Miki, qui tentent vainement de s’extirper, en s'aidant mutuellement, du moule rigide que l’école japonaise leur impose.

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Du côté des acteurs les palmes reviennent sans conteste à Kitano Kii (Ayumu), qui nous offre une très bonne prestation, et à Seki Megumi, alias Miki, sorte de grande sœur protectrice d’Ayumu. Il ne faudrait pas en oublier aussi la très bonne prestation de Fukuda Saki (Manami) qui semble avoir trouvé en fille à Papa insuportable à souhaits un rôle dans lequel elle prend un véritable plaisir. Du côté des déceptions, le surjeu de Hosoda Yoshihiko (Sako) fait perdre une grande partie de sa force à son personnage, et ne ressemble plus au final qu’à un freak sans consistance et ridicule. Un bon drama ne serait rien sans une bande son un temps soit peu solide, et celle de LIFE, bien que peu originale, se démarque de par son ambiance sombre et pesante collant parfaitement à l’ambiance de la série, oscillant entre moments mélancoliques et passages plus strident.

Se positionnant dans la haut du panier des dramas japonais, LIFE, s'étalant sur 11 épisodes de 40 minutes, se démarque par une noirceur plus présente que d'habitude dans la production locale. La série nous offre des crêpages de chignons et autres coups de putes made in Japan School assez sympa, qui devrait sans problème convaincre les habitués voir même attirer les plus récalcitrants.

Source : Wikipedia France
Première publication : 6 juin 2008